Relation Kiné Patient : Tour d’horizon des Bonnes Pratiques

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Dernière modification le 01/01/2024
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Sommaire

À l’heure où le rôle des soignants dans la société et le fonctionnement du système de santé sont au cœur de nombreux débats, beaucoup de professionnels médicaux ou paramédicaux se questionnent sur la relation médecin-patient.

Où placer la juste distance dans le cadre d’une relation thérapeutique ? Comment s’assurer de s’engager dans des relations humaines respectueuses quand on exerce une profession médicale ? Pourquoi un lien de qualité entre le patient et son kiné participe à la réussite des soins dispensés ? Que faire lorsque le rapport de confiance est rompu ? Depuis 2022, l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes s’est engagé dans une campagne « pour une relation thérapeutique saine et sécurisée ».

Maddie vous dit tout ce que vous devez savoir pour établir une relation kiné patient apaisée et efficace.

Les bases d’une relation thérapeutique de qualité

S’appuyer sur le code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes

Pour poser les bases d’une relation de soins entre soignant et soigné, le praticien dispose d’outils fiables. Tout comme il existe une déontologie médicale de la relation médecin/patient, les masseurs-kinésithérapeutes possèdent leur ,code de déontologie. Aux compétences techniques s’ajoutent les notions de respect, de dignité, de moralité, de probité, d’assistance et de non-discrimination qui se placent au centre de la pratique.

Le code de la santé publique, destiné à l’ensemble des professionnels médicaux, complète ces aspects par les idées de discrétion, d’information et de consentement. Depuis fin 2022, l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes cherche à favoriser une relation saine et sécurisée entre le kiné et ses patients. Guide, affiches, déontomètre et questionnaires sont mis à disposition et facilitent l’information de tous.

Instaurer une relation de confiance

Quelques pratiques élémentaires peuvent vous aider à instaurer une relation de confiance réciproque avec vos patients. Soigner vous amène à une connaissance approfondie de la vie, du caractère, des émotions et parfois de l’intimité des personnes que vous traitez. Des affinités plus ou moins grandes naissent sans le vouloir. Pourtant, ne pas vous montrer trop familier garantit une distance indispensable à la qualité du lien soignant/soigné.

La relation médecin patient ou relation patient-soignant ne peut se réduire au rapport de celui qui sait à celui qui obéit. C’est pareil pour le kiné qui doit veiller à se montrer particulièrement attentif à la qualité de l’information qu’il délivre. Dans le cas de patients vulnérables tels que les jeunes, les personnes fragiles d’un point de vue psychologique ou les personnes âgées, il est encore plus important de vérifier la compréhension des soins apportés.

Communiquer, informer et se protéger

Dans l’exercice de son métier, le kiné touche, observe et manipule le corps des patients. Pour certains d’entre eux, cela peut créer un sentiment d’inconfort ou de vulnérabilité. Communiquer de manière claire et qualitative avec chaque patient permet de lever les incompréhensions. C’est le premier pas vers une relation kinésithérapeute-patient saine. C’est aussi une mesure de prévention d’agissements inappropriés.

Il est primordial de donner un cadre ferme à la relation de soin. Cela vous protège et vous permet de ne tolérer aucun débordement physique ou verbal. Si un patient ou une patiente provoque une sensation de malaise, veillez à exercer dans un environnement que vous maîtrisez, évitez les portes fermées à clé, prévenez un collègue ou une tierce personne.

Vous vous protégez également en limitant vos actes et votre toucher à ceux nécessités par le soin. Expliquer, prévenir, informer et vérifier le consentement est particulièrement important dans le cas de soin sur des parties intimes. Cela permet de lever toute ambiguïté sur le but de vos gestes.

Les origines de la dégradation de la relation patient – kiné

Un constat difficile à établir

L’observatoire national des violences en santé (ONVS) a pour but de recueillir les signalements d’actes de violence, y compris les incivilités, commis contre les personnes et les biens, quels que soient la spécialité de soin et le cadre d’exercice.

Évaluer l’ampleur des agressions dont sont victimes les soignants n’est pas facile, car celles-ci ne sont pas signalées systématiquement. Pourtant, dans les cabinets de ville ou à l’hôpital, dans les grandes villes ou les zones rurales, nombreux sont les professionnels de santé soumis à une certaine violence comme des propos ou des gestes déplacés.

Selon leur lieu de pratique et les pathologies de leurs patients, des kinés considèrent certaines manifestations de violence verbale ou d’agression physique comme un risque inévitable et ne les font pas remonter à l’ONVS. Cette situation complexe ne permet pas de dresser un tableau précis des violences commises envers les kinésithérapeutes, notamment en libéral.

Diverses causes de violence envers les kinés

Violences physiques ou verbales, incivilités, harcèlement réel ou virtuel via les réseaux sociaux, dégradation de matériel… à l’origine des débordements de conduite envers les masseurs-kinésithérapeutes, on trouve souvent :

    • des plaintes concernant la prise en charge ;
    • une exigence de délai réduit pour recevoir les soins prescrits ;
    • la remise en cause de ses connaissances et compétences ;
    • la proximité physique avec le patient.

Depuis 2021, un rôle de surveillance des violences familiales et des violences faites aux femmes a été attribué aux masseurs-kinésithérapeutes. En effet, leur cadre d’exercice est favorable à la détection et la prévention de situations dangereuses. Mais celui-ci expose également le professionnel à une violence potentielle de la part de l’entourage de la victime identifiée.

Les déplacements à domicile peuvent placer le praticien dans une situation risquée pour lui-même. Dans l’ensemble de ces cas, le kiné libéral devra trouver à se protéger de ces agissements qui participent à la détérioration de la relation soignant/patient.


✍️ Lire notre article : Quel est le rôle du kinésithérapeute pour une personne âgée ?

Le cas particulier des agressions sexuelles

Les situations d’agression sexuelles dans le cadre professionnel du masseur-kinésithérapeute nécessitent une attention particulière, car elles peuvent concerner la patiente ou la praticienne/le praticien.

Certains gestes professionnels relevant des pratiques encadrées de soins d’usage peuvent être considérés comme abusifs s’ils ne sont pas suffisamment expliqués. Informer vos patients et recueillir leur consentement et indispensable dans les contextes suivants :

    • auscultation et examen visuel ;
    • palpation, massage et toucher ;
    • questions sur la vie intime et installation dans des positions particulières.

Faute de préparation et de compréhension de ces gestes, les patients peuvent vivre cette situation comme des victimes d’agression sexuelle. Ajoutées à la perte de confiance dans la relation patient médecin, les conséquences peuvent être lourdes.

Les solutions en cas de lien kiné patient difficile

Le kiné libéral concerné par une situation relationnelle difficile doit s’attacher à mettre au point une solution valable pour le patient. En effet, il engage sa responsabilité morale et éthique, c’est la déontologie médicale de la relation médecin-patient qui doit guider ses décisions.

Ne pas s’isoler face à une situation conflictuelle

Chaque kiné gagnera à anticiper la conduite à tenir en cas de relation conflictuelle avec un patient. S’appuyer sur l’expérience de collègues expérimentés peut vous donner des pistes.

Dans le cas où le protocole de soin suscite de l’incompréhension chez le patient et met en danger la relation de confiance, vous pouvez faire intervenir une tierce personne. Membre de la famille pour une personne mineure, conjoint, enfant ou aidant dans le cas d’une personne âgée pourront être reçus pour des explications complémentaires. N’oubliez pas de préserver le secret professionnel en réalisant ce type d’entretien avec le consentement du patient et en sa présence.

Si la relation est rompue ou si vous vous sentez trop exposé, vous pouvez diriger le patient vers une structure plus appropriée à sa prise en charge ou le confier à un confrère. Dans le cas d’agissements graves, ou d’agression dont vous seriez victime, n’hésitez pas à effectuer un signalement à l’ONVS, au conseil de l’ordre des MK ou auprès des autorités.


Écouter notre podcast : Laurie Kermovant – “Ouvrir un Pôle Sport et Santé…”


Refuser de poursuivre la prise en charge

En tant que masseur-kinésithérapeute, vous répondez de l’article R. 4321-92 du code de la santé publique (CSP) qui indique que « La continuité des soins aux patients doit être assurée. »

Pourtant, vous avez la possibilité de refuser des soins pour des raisons professionnelles ou personnelles sauf en cas d’urgence et sans manquer à votre devoir d’humanité. Si vous choisissez de stopper le protocole de soin, avertissez votre patient et transmettez à votre confrère toutes les informations qui lui seront utiles pour la suite de la prise en charge.

N’oubliez pas que le refus de soin est légitime lorsque votre emploi du temps ne vous permet pas d’honorer de nouveaux rendez-vous, sauf dans le cas de soins d’urgence.

Faire intervenir la justice

Lorsque la situation atteint des proportions qui vous dépassent ou si vous êtes victime de faits qui le justifient, n’oubliez pas que vous êtes protégé par un cadre juridique. Quelle que soit la gravité des faits, des accusations ou de l’agression, adoptez le réflexe de contacter l’ONVS. Après avoir rempli une fiche de signalement de l’événement inapproprié, vous pouvez encore :

    • avertir le conseil de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes
    • déposer une main-courante au commissariat ou à la gendarmerie ;
    • porter plainte.

Les 5 idées à retenir

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    1. Le code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes et le code de la santé publique sont des outils fiables pour poser les bases d’une relation de soins entre soignant et soigné. Ils garantissent les notions de respect, de dignité, de moralité, de probité, d’assistance et de non-discrimination.
    2. Instaurer une relation de confiance réciproque avec les patients est primordial pour la réussite des soins dispensés. Le kiné doit être attentif à la qualité de l’information délivrée et doit vérifier la compréhension des soins, notamment pour les patients vulnérables.
    3. Communiquer de manière claire et qualitative avec chaque patient permet de lever les incompréhensions et de prévenir d’éventuels agissements inappropriés.
    4. Il est important de donner un cadre ferme à la relation de soin pour éviter tout débordement physique ou verbal. Les kinésithérapeutes doivent limiter leurs actes et leur toucher à ceux nécessités par le soin et vérifier le consentement, en particulier pour les soins sur des parties intimes.
    5. L’observatoire national des violences en santé (ONVS) recueille les signalements d’actes de violence, y compris les incivilités, commis contre les personnes et les biens, quels que soient la spécialité de soin et le cadre d’exercice. Il est important de signaler toute agression subie dans le cadre de l’exercice professionnel.
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Les recommandations de Maddie pour une relation thérapeutique de qualité

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    • Gardez en tête la déontologie de votre profession.
    • Instaurez une relation de confiance.
    • Prenez le temps d’expliquer, d’informer et de communiquer.
    • Conservez la juste distance avec vos patients.
    • Ne banalisez pas les gestes de soin de grande proximité.
    • Appuyez-vous sur une tierce personne pour dénouer une situation difficile.
    • Signalez à l’ONVS tout acte inapproprié dont vous seriez victime ou témoin.

 

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