Les kinés sont-ils plus exposés que les autres au burn out ?

Développer son activité » Les kinés sont-ils plus exposés que les autres au burn out ?
Dernière modification le 07/01/2024
Facebook
Twitter
LinkedIn

Sommaire

Début 2021, la Carpimko révélait au moyen d’une étude menée auprès de 230 000 soignants affiliés et exerçant en libéral, le degré de pénibilité au travail auquel cette population était confrontée. L’étude inquiétait tant le constat était sans équivoque : les professionnels de santé interrogés témoignaient dans leur majorité d’une souffrance au travail (pénibilité physique et/ou psychologique/émotionnelle). Parmi les kinés libéraux sondés, 39 % – soit 4 kinés sur 10 (!) – déclaraient présenter un niveau sévère d’épuisement.

 

L’enquête menée courant 2020 se juxtapose au contexte de pandémie et à la pression exercée sur les professionnels de santé. Néanmoins nous sommes en droit de nous interroger sur le caractère endémique de cet épuisement professionnel chez les kinésithérapeutes en libéral.

 
 
 

🎙Écouter notre podcast : « Maddie, conversation avec un kiné »

Qu’est ce que le burn out ?

Le syndrome d’épuisement professionnel, ou burn-out, est un état d’épuisement physique, émotionnel et mental lié à une dégradation du rapport d’une personne à son travail.

Le burn-out n’est pas considéré comme une maladie mentale mais comme un syndrome s’accompagnant d’un ensemble de symptômes. Il se caractérise par un stress professionnel intense, un sentiment de perte de sens, de dépersonnalisation et déshumanisation, l’impression de ne pas avancer et se réaliser.

Il affecte bien souvent des personnes ayant un engagement professionnel intense et souffrant d’une surcharge de travail chronique ou ponctuelle.

Le burn-out se déclare dans des situations où les attentes du travailleur vis-à-vis de son poste se trouvent en décalage par rapport à la réalité. Il est encouragé par le manque de soutien et de reconnaissance de la part de sa hiérarchie ou de ses confrères.

 

Les kinés, “champions” du syndrome de la dépersonnalisation

Les conditions de travail des kinésithérapeutes les exposent particulièrement au syndrome de burn-out. Dans son étude, la Carpimko mettait en évidence ce chiffre ahurissant : plus d’un kiné libéral sur deux déclaraient présenter des signes de burn-out.

Pour mesurer l’étendu du problème et bien comprendre ses mécanismes intrinsèques, il s’agit de décomposer ce syndrome en trois dimensions :

  • L’épuisement émotionnel, aussi appelé syndrome anxieux dépressif. Cet état se caractérise par une intense fatigue ressentie à l’idée même du travail. Il s’accompagne de troubles du sommeil ou troubles physiques. Le travail est ressenti comme étant trop difficile, fatiguant ou stressant. Les personnes en situation d’épuisement émotionnel peuvent décrire leur état en se disant «vidée ».

  • La « dépersonnalisation », aussi qualifiée de perte d’empathie. Il s’agit d’une déshumanisation dans les rapports au travail. L’individu souffrant de dépersonnalisation témoigne d’un détachement excessif, négatif voire cynique vis-à-vis de ses patients ou collègues. Il s’efforce de refreiner son empathie et se replie progressivement sur lui-même.

  • Le sentiment de non-accomplissement personnel. Comme son nom l’indique, ce sentiment se caractérise par la sensation de ne pas être à la hauteur de ses responsabilités, d’être en deçà des objectifs attendus. Il s’accompagne d’une perte de confiance en soi et d’une démotivation marquée dans son travail. Cette situation est dangereuse pour l’individu qui se sent rapidement pris au piège d’une spirale d’échecs dont il a l’impression de ne pouvoir sortir seul.

Le tableau ci-dessous présente pour chaque profession la proportion d’individus reconnaissant souffrir d’une ou plusieurs de ces dimensions :

 
 

Etudes Carpimko sur la pénibilité de l’exercice professionnel, 2020

Les kinésithérapeutes, « poly-exposés » aux risques de burn-out

Les raisons pour lesquelles une grande partie de la profession se retrouve aujourd’hui dans une situation de souffrance au travail sont à discuter. Nous pouvons déjà avancer ici quelques pistes de réflexions.

Rythme de travail intense

Les disparités entre cabinets à l’échelle du territoire varient énormément. Cabinets urbains versus cabinets installés dans des déserts médicaux, cabinets accueillant un patient par demi-heure versus plusieurs en même temps,… Néanmoins, il est possible de poser ici un premier constat : la majorité des kinésithérapeutes connaissent des situations de surcharge de travail chroniques.

Selon la Carpimko, le volume horaire hebdomadaire moyen est de 50 heures réparties sur de larges amplitudes horaires (8h30/9h à 20h/21h). La demande de soins auquelle les kinésithérapeutes doivent faire face est de plus en plus importante et peut donner le sentiment d’être submergé par la tâche à accomplir.

Déséquilibre vie pro/perso

Aux heures de consultations s’ajoutent le poids de la gestion administrative du cabinet. Facture, télétransmission, pointage, comptabilité…En moyenne, un kinésithérapeute consacre une demi-journée de travail par semaine à son administratif. Un rythme qui finit par rendre impossible un équilibre raisonnable entre vie professionnelle et privée, et qui continue d’aggraver le sentiment de mal-être au travail.

Manque de reconnaissance et sentiment d’abandon

La baisse du pouvoir d’achat et les injonctions contradictoires – “accueillir plus de patients et mieux en un minimum de temps” – viennent parachever le malaise.

Le décalage entre le niveau d’engagement et d’exigence des kinésithérapeutes vis-à-vis de leur métier – d’ailleurs souvent présenté comme une vocation – et les facteurs d’usures psychologiques à l’oeuvre dans ce secteur explique également pourquoi cette population semble aussi fragile à l’endroit de son travail.

 
 

Êtes-vous sujet à un burn out ?

Quand on est en burn out, les manifestations sont à la fois physiques (fatigue, maux de tête, rachialgies, tensions musculaires, problèmes cutanés…), cognitives (difficulté à décider, à se concentrer, détérioration de la qualité du travail…), émotionnelle (perte de confiance, agressivité, pessimisme, fuite relationnelle…).

Le test de Maslach permet d’évaluer l’atteinte psychologique au travail. Il consiste en un ensemble de phrases qui décrivent des sentiments ressentis par rapport à son travail et qu’il s’agit de noter de 0 à 6 en fonction de leur fréquence.

 

Ce test investigue les trois dimensions décrites plus haut dans cet articles :

  • l’épuisement professionnel

  • la dépersonnalisation

  • l’accomplissement personnel.

Résultats

Épuisement professionnel : questions 1, 2, 3, 6, 8, 13, 14, 16 et 20

– Total inférieur à 17 : burn-out bas ;

– Total compris entre 18 et 29 : burn-out modéré ;

– Total supérieur à 30 : burn-out élevé.

Dépersonnalisation : questions 5, 10, 11, 15 et 22

– Total inférieur à 5 : burn-out bas ;

– Total compris entre 6 et 11 : burn-out modéré ;

– Total supérieur à 12 : burn-out élevé.

Accomplissement personnel : questions 4, 7, 9, 12, 17, 18, 19 et 21

– Total supérieur à 40 : burn-out bas ;

– Total compris entre 34 et 39 : burn-out modéré ;

– Total inférieur à 33 : burn-out élevé.

Si votre score est élevé aux deux premières dimensions et faible pour la dernière, consultez votre médecin

Découvrez aussi d'autres articles

agenda gratuit kinés min
Uncategorized

Prix séance kiné : comparez les tarifs et trouvez le bon professionnel

Découvrez le prix moyen d’une séance de kinésithérapie, les facteurs influençant les tarifs, les possibilités de remboursement par la Sécurité Sociale et la mutuelle, et des astuces pour réduire vos frais de kiné Prix séance kiné : tout savoir sur les tarifs pratiqués Les séances de kinésithérapie font partie des soins les plus courants en France, que ce soit pour une rééducation après une blessure, une pathologie chronique, une douleur musculaire ou articulaire, ou encore pour un suivi à long terme. Pourtant, beaucoup de patients ignorent encore combien coûte réellement une séance de kiné et pourquoi les tarifs peuvent varier d’un professionnel à l’autre. En France, le prix d’une séance de kinésithérapie n’est pas fixe : il dépend d’une série de critères bien précis. Le type d’acte effectué, la localisation du cabinet, l’expérience du kinésithérapeute, si le kiné est conventionné ou pas. Comprendre ces différences est essentiel pour anticiper le coût total de sa prise en charge et savoir à quoi s’attendre en matière de remboursement par la Sécurité sociale et la mutuelle. Cette page vous guide point par point pour mieux comprendre les tarifs pratiqués, les modalités de remboursement et les moyens de payer moins cher vos séances de kiné. Quel est le tarif d’une séance de kinésithérapie ? Le tarif d’une séance de kinésithérapie en France dépend principalement des actes réalisés et du statut du kinésithérapeute. Dans le cadre conventionné, les tarifs sont fixés par la Sécurité sociale via la NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels). En revanche, certains professionnels pratiquent des dépassements d’honoraires, ce qui peut augmenter le coût final pour le patient. Tarif d’une séance standard en cabinet Pour une séance de kinésithérapie classique, le tarif conventionnel est généralement compris entre 16,13 € et 25,80 €, selon l’acte réalisé. Ce prix correspond aux séances conventionnées, comme les rééducations musculaires ou articulaires. Ces tarifs peuvent augmenter si la séance concerne une prise en charge spécifique, comme la kinésithérapie respiratoire, la rééducation périnéale ou neurologique, qui nécessitent des compétences particulières. Il est important de préciser que lorsqu’un kinésithérapeute est conventionné, il applique les tarifs fixés par l’Assurance maladie. À l’inverse, un professionnel non conventionné et spécialisé peut librement fixer ses prix, ce qui entraîne souvent des coûts plus élevés et un remboursement réduit. Variations de prix selon la ville et le professionnel Le tarif d’une séance de kiné peut également varier selon la localisation du cabinet. Dans les grandes villes, notamment Paris, Lyon ou Marseille, les prix ont tendance à être plus élevés que dans les zones rurales en raison du coût des loyers et de la demande plus forte. La notoriété, la spécialisation et l’expérience du kinésithérapeute peuvent également influencer le tarif : un praticien très demandé peut appliquer des compléments d’honoraires. Tarifs des séances de kiné à domicile Les séances de kinésithérapie à domicile sont souvent plus coûteuses que celles réalisées en cabinet, car elles incluent une indemnité forfaitaire de déplacement.En général, le prix d’une séance à domicile se situe entre 20 € et 30 €, selon la distance, la région et l’acte réalisé. Le tarif de l’acte reste le même que pour une séance en cabinet, mais s’y ajoutent : Ce type d’intervention est particulièrement fréquent pour les patients à mobilité réduite ou nécessitant une rééducation intensive.  Prise en charge et remboursement des séances de kiné Le remboursement des séances de kinésithérapie dépend du tarif conventionné fixé par l’Assurance Maladie, du lieu de réalisation de la séance (cabinet ou domicile) et de votre contrat mutuelle sante. Pour cela il est essentiel de comprendre comment fonctionne la prise en charge, depuis la Sécurité sociale jusqu’à votre mutuelle santé. Remboursement par la mutuelle santé La mutuelle intervient en complément du remboursement de la Sécurité sociale, sur un tarif conventionné . Quelles sont les conditions pour être remboursé ? – Une prescription médicale obligatoire – Séances réalisées par un kinésithérapeute conventionné – Les kinésithérapeutes non conventionnés sont libres de fixer leurs prix -Justification médicale pour les séances à domicile Pour être remboursées, les séances à domicile doivent être justifiées (mobilité réduite, handicap, post-opératoire…). Comment payer moins cher ses séances de kinésithérapie ? Même si les séances de kinésithérapie sont en grande partie remboursées par l’Assurance Maladie et la mutuelle, il existe plusieurs façons de réduire encore davantage le reste à charge. En faisant les bons choix, il est possible d’éviter les dépassements d’honoraires et d’optimiser la prise en charge selon votre situation. Choisir un kinésithérapeute conventionné La manière la plus simple de limiter les frais est de consulter un kinésithérapeute conventionné.Un kiné conventionné applique les tarifs fixés par la Sécurité sociale, ce qui garantit. À l’inverse, un kiné non conventionné fixe librement ses prix : la facture peut être nettement plus élevée, avec une prise en charge très faible par l’Assurance Maladie. Toujours le vérifier le statut du professionnel. Comparer les prix entre professionnels Les tarifs peuvent varier en fonction de la localisation et du niveau d’expertise du kinésithérapeute. Avant de choisir un praticien, il est pertinent de : Voir notre article sur dévélopper son activité hors nomenclature Foire aux questions sur le prix des séances de kiné 1. Quelle est la durée d’une séance de kinésithérapie ? Une séance de kinésithérapie dure en général entre 20 et 30 minutes, selon l’acte de soins réalisé et le bilan diagnostic kinésithérapique établi lors de la première consultation.La durée n’a pas d’impact direct sur le tarif de la séance de kiné, car les prix sont fixés par la Sécurité sociale via la nomenclature des actes de rééducation. 2. Comment sont remboursées les séances de kiné ? Le remboursement des séances de kinésithérapie repose sur deux niveaux : 3.Comment savoir si un kiné est conventionné ? Vous pouvez vérifier le statut du kinésithérapeute conventionné sur : Un kiné non conventionné applique librement ses tarifs, avec un remboursement très faible par la Sécurité sociale. Le prix d’une séance de kinésithérapie dépend de nombreux facteurs : le type d’acte, la localisation du cabinet, le statut du kinésithérapeute ou encore les éventuels déplacements

Lire la suite »
agenda gratuit kinés min
Uncategorized

Santé mentale des kinés : l’Ordre s’engage pour prévenir les risques psychosociaux

Santé mentale des kinés : l’Ordre s’engage pour prévenir les risques psychosociaux La Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, a rappelé une évidence : ce n’est pas qu’un rendez-vous symbolique, mais une réalité quotidienne pour des milliers de professionnels de santé. Parmi eux, les masseurs-kinésithérapeutes font face, chaque jour, à la douleur, à la fatigue et parfois à la détresse de leurs patients — tout en devant préserver leur propre équilibre psychique. En 2025, la santé mentale a été déclarée grande cause nationale. Une reconnaissance forte, qui met enfin en lumière les enjeux du bien-être psychique dans les métiers du soin. Car si les kinésithérapeutes soulagent les corps, ils sont aussi témoins — et parfois victimes — d’une charge émotionnelle considérable. Prendre soin des autres… sans s’oublier soi-même Isolement lié à l’activité professionnelle du cabinet, surcharge de travail, lourdeurs administratives, agressivité de certains patients : les sources de stress sont multiples. L’épuisement professionnel ou burn-out n’épargne pas les kinésithérapeutes. Conscient de ces difficultés, le Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a fait de la prévention des risques psychosociaux (RPS) une priorité dès 2018. Objectif : protéger la santé mentale des praticiens, qu’ils soient étudiants, libéraux ou salariés, et leur offrir des ressources concrètes pour ne pas rester seuls face à la détresse psychologique. Des actions concrètes pour accompagner la profession Depuis plusieurs années, l’Ordre déploie un ensemble de dispositifs pour soutenir les kinés au quotidien : Une enquête nationale sur les conditions de travail a également permis de dresser un état des lieux des sources de stress et de leurs conséquences physiques et psychologiques. Une actualisation de ces données est actuellement en cours. Un outil d’évaluation du burn-out désormais accessible Pour aller plus loin, l’Ordre propose désormais le Maslach Burnout Inventory (MBI), un test d’autoévaluation scientifique reconnu qui permet à chaque kinésithérapeute de mesurer son niveau d’épuisement.Cet outil explore trois dimensions clés du burn-out : Chaque professionnel obtient trois scores distincts lui permettant de mieux comprendre son état et, si besoin, de solliciter un accompagnement.  Parler de santé mentale, un pas vers le mieux-être La santé mentale ne devrait pas être un sujet de circonstance, mais un réflexe professionnel. En faire un thème central, c’est reconnaître que la qualité des soins dépend aussi du bien-être de ceux qui les prodiguent. Les actions engagées par l’Ordre rappellent qu’il est possible — et nécessaire — de changer les mentalités. Parler de son stress, de sa fatigue ou de son épuisement n’est pas un signe de faiblesse, mais une preuve de lucidité et de professionnalisme. Au-delà du dispositif institutionnel, chaque kinésithérapeute peut jouer un rôle : prendre du recul sur sa pratique, s’accorder du temps pour soi, échanger avec ses pairs, ou simplement oser dire quand ça ne va pas. Ces gestes simples, lorsqu’ils deviennent collectifs, contribuent à bâtir une culture du soin plus bienveillante et durable. Car la prévention, ce n’est pas seulement un acte médical — c’est aussi une attitude humaine.Et si le bien-être des soignants devenait enfin la première des prescriptions ? Alléger la charge mentale, c’est aussi repenser son quotidien professionnel. Avec Maddie, les kinésithérapeutes peuvent simplifier la gestion de leur cabinet grâce à un logiciel tout-en-un pensé pour eux : agenda intelligent, prise de rendez-vous en ligne, rappels automatiques, et centralisation des fiches patients en toute sécurité.En réduisant le poids des tâches administratives et la dispersion entre plusieurs outils, Maddie aide à retrouver du temps pour l’essentiel : le soin et soi-même.👉 Testez Maddie en version freemium et découvrez comment une solution simple peut vraiment alléger votre quotidien et préserver votre équilibre mental.

Lire la suite »
Retour en haut

La solution d’agenda tout-en-un pour les professionnels de santé qui aiment faire des économies tout en optimisant leur planning. Déjà plus de 2000 libéraux satisfaits.